Samedi 4 juillet 2009

Sans rentrer dans les querelles de chiffres afin de savoir combien d'EVS (Employés de Vie Scolaire) ou d'AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire) vont se retrouver au chômage en cette fin d'année scolaire, j'aimerai élargir le débat aux problèmes du handicap.

 

Tout d'abord un petit rappel : les EVS et les AVS sont des accompagnants scolaires, présents dans les écoles (de la maternelle au CM1), et chargés d'aider des enfants en difficultés scolaires ou souffrant d'un handicap.

 

Les contrats des EVS (contrats aidés), de 36 mois maximum, sont censés aider des personnes sans formation (principalement des femmes seules avec des enfants), souvent en rupture avec le monde du travail, à rebondir, grâce à des formations que la plupart n'ont pas eu, et à se réinsérer.

Les contrats de droit public des AVS, d'une durée de 2 fois 3 ans maximum, permettent à des personnes (de même profil que les EVS) de s'occuper exclusivement d'enfants handicapés.

Dans tout les cas, ces contrat à temps partiels, mal rémunérés ne peuvent être que des "boulots" temporaires mais en aucun cas un moyen de subsistance ; de plus, leurs précarités lié au budget de l'éducation nationale ainsi qu'à leurs durées limités n'a pas de quoi motiver les vocations.

On remarque aussi que, lorsqu'il est question de suppression de postes dans l'éducation nationale, ces types de contrats sont les premiers à sauter.

 

Ce qui me fait rebondir sur l'autre versant du problème, du coté des parents d'enfants handicapés, pour qui la présence d'AVS en classe constitue un élément important permettant la scolarisation de leur enfant. L'incertitude des AVS quand à leurs futures affectations se retrouve chez les parents qui peuvent attendre jusqu'au jour de la rentrée scolaire avant d'avoir une réponse d'attribution ou non d'une AVS pour leur enfants.

 

La loi du 11 février 2005 a reconnu l’existence d’un droit à la scolarisation pour tout enfant en situation de handicap en milieu ordinaire ; reste à savoir s'il existe une réelle volonté de la faire appliqué et si on veut s'en donner les moyens.

 

Il est avéré que les AVS font un excellent travail auprès des enfants handicapés qui leurs sont confiés; leur présence soulage fortement les instituteurs et permet à ces enfants d'être scolarisés comme n'importe quels enfants, dans la même école que leurs voisins. Cette présence dans une classe d'un enfant atteint d'un handicap est de plus une source de richesse pour les autres enfants, leur apprenant la différence, la tolérance, l'entraide et la fraternité. Fraternité, valeur phare de notre République avec l'Egalité, comme l'égalité d’accès à l’éducation et à la formation en milieu ordinaire pour tous.

 

Ces AVS dévoués ne mériteraient-elles pas plus de reconnaissance avec un vrai statut, un vrai contrat (sans la peur du lendemain), un vrai métier ? Leur rôle dans le succès de la scolarisation des enfants handicapés ne devrait-il pas être plus mis en avant ? L'expérience acquise ne devrait-elle pas servir à d'autres enfants ?

 

Et les enfants handicapés, ne pourraient-ils pas obtenir des personnes, professionnelles de l'éducation nationale, formés et présentes du début à la fin de leurs scolarité ?

 

Une fois de plus, le gouvernement reste sourd aux problèmes des plus faibles ; employés précaires à faibles revenus et enfants handicapés ou en forte difficulté.


Par Gérard Méjean - Publié dans : social - Communauté : Les blogs républicains
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